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Le blanchiment du coton ou de la viscose : est-il sans chlore ?

blanchiment du coton

Les fibres d’origine naturelle, qu’elles soient utilisées dans l’industrie textile ou pour des lingettes, subissent différents traitements chimiques. Parmi ceux-ci, on retrouve le blanchiment du coton, qui permet d’obtenir des fibres blanches.

blanchiment du coton

Pourquoi blanchir les fibres ?

Il s’agit d’une part d’une demande esthétique de la part des consommateurs : une fibre bien blanche est signe de pureté. Et signe de première utilisation : on se dit que la fibre est vierge et neuve. Et dans le cas d’une lingette démaquillante par exemple, cette blancheur permet de visualiser le maquillage qui a été ôté, et donc de se dire que la lingette est efficace.

D’autre part, le blanchiment est une étape nécessaire pour l’utilisation de la fibre de coton. La fibre de coton brute est en effet protégée par des éléments gras et des impuretés, qui forment une sorte de cire autour de la fibre. Cette protection fait que le coton brut n’absorbe pas l’eau : la fibre est hydrophobe. Pour l’industrie textile le coton est donc blanchi car une fibre hydrophobe n’est pas agréable au contact de la peau. Et pour l’industrie des lingettes, il est évidemment nécessaire de travailler des fibres hydrophiles (qui aiment l’eau), afin de pouvoir pré-imprégner les lingettes.

Comment se passe le blanchiment du coton ?

Les explications suivantes concernent toutes les fibres d’origine naturelles. Les fibres de coton ne sont pas les seules fibres à être blanchies : la viscose l’est aussi, car sa couleur naturelle est plutôt beige, comme la pulpe des arbres.

Le blanchiment du coton est réalisé grâce à un agent de blanchiment oxydant, qui modifie les molécules colorées pour les transformer en molécule non colorées. Chimiquement, cela se passe en brisant les liaisons doubles des chromophores : la nouvelle molécule ainsi formée n’absorbe pas la lumière visible, et n’est donc pas colorée.

Jusqu’aux années 1990, le blanchiment du coton était réalisé via du chlore gazeux (Cl2). Ce procédé a été arrêté en raison des préoccupations environnementales grandissantes. Ce gaz est entre autres toxique par inhalation et très toxique pour les organismes aquatiques. Et surtout son utilisation émettait dans l’environnement des dioxines, polluants organiques persistants, sources avérées de cancer.

A l’heure actuelle, deux types de blanchiment des fibres sont pratiqués : ECF et TCF. Bien évidemment aucun ne contient de chlore gazeux.

Blanchiment ECF

ECF signifie Elemental Chlorine Free, c’est-à-dire que le blanchiment est réalisé sans chlore élémentaire. L’agent oxydant est le dioxyde de chlore, qui ne libère ni chlore gazeux ni dioxines.

Plus de 90% du marché des fibres est blanchi par ce procédé.

Blanchiment TCF

TCF signifie Total Chlorine Free. Donc comme son nom l’indique ce blanchiment du coton (ou des autres fibres naturelles) se passe sans aucun composé chloré. En pratique le blanchiment est dû au peroxyde d’hydrogène (= eau oxygénée), parfois combiné à de l’ozone. Aucune molécule de chlore n’étant présente dans le process, il n’y a bien entendu aucun résidu de cette molécule dans le produit fini.

Par contre, ce procédé aboutit parfois à l’obtention de fibres moins blanches, moins résistantes. Et les considérations environnementales doivent être pondérées par le fait que cette méthode requiert davantage d’énergie que le blanchiment ECF.

Le blanchiment du coton est-il vraiment nécessaire ?

Il parait en effet aberrant de blanchir une fibre d’origine naturelle, qui plus est lorsqu’elle est cultivée selon les principes de l’agriculture biologique. Le coton certifié bio est une fibre qui ne nécessite pas de traitement chimique pour être utilisée, puisque déjà présente sous forme de fibre dans la nature. Néanmoins à l’heure actuelle tous les produits sur le marché utilisent des fibres blanchies, pour rester dans les standards de blancheur.

Dans une logique écologique, il serait donc plus intéressant d’utiliser des fibres non blanchies. On retrouverait ainsi la couleur naturelle du coton, et on pourrait vraiment revendiquer une fibre 100% naturelle, sans aucun traitement chimique post-récolte. Comme vu précédemment, ce « 100% fibre brute » n’est pas forcément compatible avec l’utilisation en lingette. Mais pourquoi ne pas mélanger les deux types de fibres (non blanchies, avec ajout d’une minorité de fibres blanchies pour conserver les propriétés d’absorption) ?

Et finalement, le consommateur ne préfèrera-t-il pas une lingette légèrement beige et « pure » car sans chimie, à une lingette blanche mais ayant subi un traitement chimique ?

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